• Pourquoi la famille de Louis MARIA a désapprouvé son mariage

    Pourquoi la famille de Louis MARIA a désapprouvé son mariage

    Je l'avais pourtant vu, mais n'y avais pas prêté attention, ou plutôt cela contredisait tellement mes présupposés que je n'avais pas assimilé l'information.

    Ma mère, Étiennette, a tant fait étalage des tares sociales de sa belle-famille et même des errements de sa mère Germaine, que j'ai cru qu'il n'y avait pas de secret de famille chez nous.

    Eh bien si! Une raison bien évidente explique au moins en partie le rejet de Germaine par la famille MARIA. Et de cela ma mère n'a jamais parlé.

    Issue de l'union de deux domestiques, un jardinier et une cuisinière, Germaine Leroux, sténo-dactylo, a conçu sa fille aînée hors mariage puisque Etiennette est née en décembre  1924 et le mariage date du 25 mars 1925. Etiennette n'est légitimée par Louis MARIA que le 5 Août 1926. De la rencontre de Germaine et de Louis je ne sais rien du tout.

    Ma mère m'a dit que Louis a du faire trois sommations à son père pour obtenir le droit de se marier. Telle aurait été la loi à l'époque. La majorité matrimoniale avait été abaissée à la majorité civile de 21 ans dès 1907. Cependant les sommations respectueuses prévue dans la loi napoléonienne ne sont entièrement abolies qu'en 1933. Mes grands-parents se sont mariés en 1925.

    Christiane, sa sœur cadette, est née pendant leur mariage mais n'était pas réellement la fille de Louis, ce qui fait sans doute qu'elle a été expédiée en nourrice durant ses trois ou cinq premières années, j'ai oublié le nombre d'années exact. Cette naissance adultérine était un thème facilement abordé en famille, y compris par ma tante Christiane elle-même.

    Mes deux grands-mères se sont retrouvées mères avant d'être mariées, ce qui dans les deux cas semble avoir eu des conséquences catastrophiques. Curieusement, Aimée ma grand-mère paternelle s'en est mieux sortie sur le plan social bien que la naissance n'ait été régularisée que tardivement par son mariage. Certes elle a dû quitter son village mais elle a continué a entretenir des relations avec toute sa famille. La famille d'Armand Victor, mon grand-père paternel n'a entretenu aucun contact avec Aimée et son fils René mais peut-être pour des raisons indépendants de la naissance de mon père.

    Germaine, ma grand-mère maternelle, a épousé un fils de famille. Pierre Joseph MARIA, père de Louis, semble avoir été un notable local. Louis a souhaité régulariser la naissance d’Étiennette dès que possible mais il a dû affronter l'opposition de ses parents. Contrairement à la famille Victor, les grands-parents MARIA se sont occupés régulièrement de leurs deux-petites filles malgré leur opposition de principe. Germaine semble même avoir été reçue chez eux, c'est ce que semblent montrer quelques photos. En revanche aucun des frères de Louis n'a entretenu ultérieurement de relations avec elle, sa propre famille (Robert URFER - Maurice et Madeleine Darmann) ne la recevait pas, j'ai souvenir d'avoir entendu énoncer quelquefois "cette pauvre Germaine" mais peut-être est-ce une confusion.

    Note additionnelle du samedi 31 janvier 2014

    Une autre arrière-petite-fille de Théodore Victor, le père d'Armand, m'a contactée via un site de généalogie. Il se pourrait bien que Théodore ne se soit pas préoccupé ni d'Armand ni de son fils René pour des raisons toutes personnelles. En effet, marié avec la mère d'Armand alors qu'elle avait 16 ans (vers 1880), il en divorce en 1992, Armand a alors 12ans, pour se remarier en 1895 avec un femme dont il a 7 enfants nés entre 1893 et 1904. Il est très possible que son nouveau couple et ses nombreux enfants l'aient entièrement absorbé.

     

     Pour éclairer l'aspect légal de la majorité matrimoniale, voici un texte extrait d'un compte-rendu d'atelier http://geneal30.free.fr/Atelier/majorite_et_puberte.htm:

     Le Code Civil Napoléonien posa, pour le mariage, deux règles :

    1°) conformément à l'ancienne tradition coutumière, il établit une majorité spéciale, la "majorité matrimoniale", distincte de la "majorité ordinaire" : les garçons avaient besoin du consentement de leurs parents jusqu'à 25 ans et, tant qu'ils n'avaient pas atteint cet âge, ils étaient réputés "mineurs" quant au mariage. Pour les filles, au contraire, la "majorité matrimoniale" coïncidait avec la "majorité civile", soit 21 ans. Il a fallu attendre la loi du 21 juin 1907 pour faire cesser cette disparité.

    2°) si les futurs époux qui avaient la "majorité matrimoniale" pouvaient se marier sans autorisation parentale, ils n'en étaient pas moins tenus par la loi de demander le "conseil" de leurs parents ou de leurs grands parents, ou, à défaut, de leur notifier leur projet de mariage par des "actes respectueux".

    Cette formalité des "actes respectueux" consistait pour l'enfant à adresser par trois fois à ses ascendants une "sommation", non par voie d'huissier mais par notaire, qui devait être rédigée en termes "respectueux", d'où son nom. Si l'ascendant persistait dans son opposition, son refus n'empêchait pas le mariage : il entraînait seulement un retard pour la célébration du mariage d'un mois pour chaque acte. Le législateur espérait par ce moyen empêcher des unions hâtives en donnant aux enfants, dominés par une passion peut être passagère, le temps de réfléchir.

    Mais ces "actes respectueux" ne produisaient pas toujours, dans la pratique, l'effet attendu. Ils avaient souvent pour résultat d'exaspérer des haines de famille par les lenteurs et les scènes qu'ils provoquaient et d'imposer aux notaires des missions désagréables.

    La loi du 20 juin 1907 remplaça "l'acte respectueux" par la "notification du projet de mariage", laquelle, suite aux aménagements prévus par les lois des 28 avril 1922 et 17 juillet 1927, ne fût plus nécessaire que dans un nombre limité de cas. Au fil des ans, les conceptions individualistes modernes avaient vidé peu à peu le système mis en place par le Code Napoléonien de ses exigences d'origine. La loi du 2 février 1933 qui a rendu totalement libres les enfants majeurs de se marier sans consentement parental fit disparaître ces vestiges juridiques.

    Il est à noter que, à toutes les époques, la présence des parents à la célébration du mariage, qu'il soit religieux ou civil, valait consentement exprès.

     

    Allocations familiales : Théodore Victor, s'est retrouvé père de famille nombreuse à une époque où les allocations n'existaient pas encore. Certains patrons progressistes commencèrent un créer un supplément de salaire pour commencer les charges familiales à partir de 1918 et elles ne furent généralisées au salariés du commerce et de l'industrie qu'en 1932.  La famille de Théodore Victor n'a pu en bénéficier.

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  • Commentaires

    1
    Baslé Verdon
    Jeudi 28 Avril 2016 à 21:42

    Bonjour

    Marie Mélanie Verdon, épouse de René Maria, institutrice à Moutiers sous Chantemerle, était la tante de mon papa. Je tombe par hasard sur votre blog en faisant des recherches sur René Maria, car j'ai les photos de famille dans l'album de mon père sans légendes.

    Mes soeurs ont connu la soeur de Marie Mélanie Verdon, Adeline. C'est cette tante, célibataire, soeur de Marie Mélanie et Charles Jean Baptiste Verdon, qui a élévé mon père à la mort de sa mère (il avait 14 ans)

    Autant vous dire que je souhaiterais que vous me contactiez pour qu'on puisse échanger sur cette famille

    Bien cordialement

     

    Sylvie Baslé Verdon

    06 30 89 09 47 

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